La Playlist Bien

Emmanuelle Parrenin

Bio

Emmanuelle Parrenin a pratiqué et pratique encore le collectage de chansons traditionnelles en zone rurale, la danse contemporaine ou l’art-thérapie. Elle chante et joue de la vielle à roue, diverses harpes, du piano à pouces, de l’épinette des Vosges, du dulcimer, des bols chantants. Figure fondatrice de la scène revivaliste folk en France, elle a écumé festivals et MJC et a joué avec Gentiane ou Mélusine.

Elle est pourtant surtout connue pour avoir enregistré il y a trente ans un disque d’une beauté énigmatique : “Maison Rose” que des snobs du monde entier s’arrachent sur eBay : le disque de post-folk ultime entre chants traditionnels et expérimentation électro-acoustique.

Aujourd’hui, elle dépoussière son instrumentarium pour réinterpréter certaines de ses anciennes chansons, ainsi que de nouvelles co-écrites avec Flóp. De cette collaboration naissent contre toute attente “Maison Cube”, son deuxième album paru mars 2011 chez les Disques Bien, et un nouveau spectacle “D’une maison l’autre” (création au Lieu Unique, Scène Nationale de Nantes, avril 2011). Puis tous deux se consacrent à l’écriture de son troisième album, “Maison Vide”, à paraître prochainement.

En parallèle elle rencontre Pierre Bastien et ils composent le spectacle Motus, la rencontre sonore entre musique acoustique et expérimentale, la rencontre visuelle entre installations mécaniques, instruments médiévaux et jeux d’ombres qui sera présenté en 2015 à travers la France et notamment aux festivals Sonic Protest et du Printemps de Bourges.

Disques

VISIONS D’EMMANUELLE

1956
Emmanuelle a 7 ans.
C’est une enfant sauvage et dotée de pouvoirs surnaturels. Quand elle ne grimpe pas aux arbres, elle écoute son père, fondateur du prestigieux quatuor Parrenin, répéter d’arrache-archet dans un salon de cette maison parisienne où habita Ravel, près du jardin du Ranelagh. Mais elle l’écoute à travers la porte. Ses penchants synesthésiques lui font correspondre aux partitions des visions colorées. Quand elle voit son père, c’est presque toujours sur une scène. Son apprentissage de la musique sera clandestin et instinctif.

1964
Emmanuelle a 15 ans.
Elle passe l’été à Londres accueillie par une correspondante qui sort avec le chanteur d’un jeune groupe de british blues. Pendant un mois elle suit le groupe en tournée et se fait draguer sans succès par Eric le guitariste malgré des socquettes honteuses. Le groupe s’appelle les Yardbirds et le guitariste, Clapton.

1968
Emmanuelle a 19 ans.
Elle a fui famille et scolarité et dessine des slips pour la Redoute. Des aventures semi-amoureuses l’ont conduite en solex à la recherche de beatniks dans le quartier latin puis dans les Hootenannies du Centre Américain. Elle apprend la guitare à la Donovan en un tournemain et l’oubliera aussi vite quand elle tâtera de la vielle à roue et du dulcimer. Embringuée dans une bande de bateleurs folk et autres moissonneurs de chansons émérites, elle part en collectage, Nagra sous le coude.
Là, Emmanuelle se trouve dans une maison perdue sur l’Isle-au-Coudres sur le fleuve Saint-Laurent du Québec. Elle participe à un collectage plus confortable que d’habitude car bénéficiant de l’appui du Centre franco-québécois et de l’Université Laval. Elle chante avec ses collègues et une curieuse famille : un violoneux, sa femme accordéoniste et leurs vingt enfants dont dix-huit sont sourds-muets. Une ferveur inouïe traverse les participants. On ne saurait discerner qui est muet de qui ne l’est pas et la musique apparaît comme un langage de pures vibrations abolissant les malentendus et guérissant les surdités.

1970
Emmanuelle a 21 ans.
Sa bande est euphorique : ils ont ouvert ensemble le premier club folk en France, le Bourdon, rue de la Sourdière à Paris, en pleine agitation soixante-huitarde. Bientôt, ils ouvriront des clubs partout en France, puis organiseront des festivals monstrueux. En 1970 le Bourdon déménage au Café de la Gare où les concerts ont lieu les lundis. La troupe du café-théâtre est aux premières loges : Miou-Miou coud les costumes, Coluche est à la caisse mais le plus beau est Patrick Dewaere attablé au premier rang, un petit singe sur l’épaule. Gérard Depardieu l’accompagne inévitablement.

1972
Emmanuelle a 23 ans.
Elle marche dans le boulevard Beaumarchais, un curieux paquet entre les bras et n’arrive pas à croire à sa chance. Elle revient de cette ancienne boucherie, place des Vosges, transformée en magasin d’instruments anciens par un boucher taciturne. Elle convoitait une vielle à roue hors de prix depuis longtemps. Alors qu’elle commence à l’essayer, le boucher tire le store et sort un petit tonneau de vin. Attendri, il troque sa vielle contre celle pourrie qu’Emmanuelle a trouvée dans un grenier au cours d’un collectage et sur laquelle elle a appris en se couvrant la jupe de sciure.

1974
Emmanuelle a 25 ans.
Depuis six ans elle écume la France et l’Europe dans un bus Volkswagen. Elle a eu un garçon, Matthieu, né d’un bref mariage avec Phil Fromont avec qui de façon prémonitoire elle a enregistré la Maumariée. Elle mouline sa vielle dans la MJC de Rosendael. Matthieu dort dans un hamac sur le côté de scène. Tandis qu’elle conte pour la centième fois la même histoire de bergère en introduction à la même complainte, Emmanuelle s’emplit d’une certitude : c’est la dernière fois. Adieu cirque de la tradition, des histoires pluriséculaires de femmes battues, le baiser mortel de l’ethnographe. Elle quittera la scène folk sans se retourner avec cette élégance dans le nomadisme dont elle ne se départira jamais : juste avant qu’elle ne devienne lucrative.

1977
Emmanuelle a 28 ans.
Elle est en train d’enregistrer son premier disque sous son nom à Frémontel, une ferme normande retapée en studio par l’arrangeur Jacques Denjean. Elle y a suivi un nouvel amoureux, Bruno Menny, ingénieur du son et bricoleur de musique électro-acoustique. Dans son cafoutche, Bruno a des rideaux de bandes magnétiques. Il choisit une boucle de rythmique rock pour soutenir les harmoniques folles de la vielle libérée sur « Topaze ». Maison Rose est un disque post-folk envoûtant aux contours mal définis : une chanson offerte par Jean-Claude Vannier ou un air traditionnel québécois côtoient de longues plages planantes. Il est devenu fatalement un objet de collection.

1980
Emmanuelle a 31 ans.
De musicienne, elle est devenue danseuse avec une troupe de transfuges de Carolyn Carlson. Après Boppi, un jeu de métamorphoses avec Laurie McLaughlin, elle monte Nomade. La voici seule sur la scène d’un théâtre dans le Forum des Halles donnant ce qui sera la seule représentation de ce one woman show assez butô. Elle y a travaillé des mois sans discontinuer au point de ne plus distinguer le jour de la nuit. Elle y a flambé toute son épargne au point de revendre ses armoires pour payer des journées de studio à Jean-Philippe Rykiel ou Didier Malherbe afin de finaliser la bande son, qu’elle sabrera à moitié pour cause de longueurs jazz-rock. Ce spectacle est cru et cruel, relevant autant de l’auto-thérapie que du seppuku. Il se déroule devant une salle vide des programmateurs de festivals espérés.

1988
Emmanuelle a 39 ans.
Elle continue sa vie de nomade en enchaînant les petits boulots comme à l’époque de son départ de la maison familiale. Là, elle vient de se faire embaucher comme directrice du personnel d’un restaurant brésilien rue de Tilsitt, près de la place de l’Etoile : le Pau Brasil. Elle postulait pour un poste de serveuse mais la directrice, immédiatement séduite, la désigne comme sa remplaçante. C’est sans doute, l’emploi le plus stable qu’elle n’ait jamais eu : location de la salle pour des tournages, relations publiques avec des émirs gorgés de pétrodollars.Tous les soirs lors du deuxième service de 400 couverts, un orchestre joue des sambas et Emmanuelle interprète « Les traces derrière nous » de Michel Jonasz.

1993
Emmanuelle a 44 ans.
Un accident a bouleversé sa vie en 1990 et l’a rendue sourde. Un incendie a brûlé toutes ses archives. Elle a passé un an en convalescence en Haute-Savoie durant lequel elle a miraculeusement recouvré l’ouïe en jouant de la harpe. Ainsi, en utilisant ses instruments et en chantant ce qu’elle jouait, par conduction osseuse, elle a petit à petit réussi par elle-même à retrouver l’audition. Elle décide d’utiliser dès lors sa trouvaille pour aider les autres et crée sa technique, la maïeuphonie. Elle devient art-thérapeute au Bourget-du-Lac (Savoie).
La voici chantant avec Hugo, un enfant autiste de 4 ans. Elle le suivra durant neuf ans. Elle invente un langage en se faisant l’écho musical de ses stéréotypies, ces cascades de mots et de chiffres caractéristiques de l’autisme.

2007
Emmanuelle a 58 ans.
Elle est revenue à Paris depuis 2001. Elle se rend au concert de M-Jo à Mains d’œuvres. Jan Ghazi, manager de son fils devenu Bo Weavil, un bluesman réputé, lui a transmis l’invitation d’un certain Flóp, qui pourrait devenir son parolier. C’est le début de la collaboration avec Les Disques Bien qui aboutira à la réalisation de son deuxième album en plus de trente ans Maison Cube, enregistré dans une maison préfabriquée d’architecte en pleine forêt de Fontainebleau. La voici improvisant avec Etienne Jaumet qui l’invitera sur son premier album Night Music paru en 2009.

2011
Emmanuelle a 62 ans.
Maison Cube, son deuxième album, parait le 31 mars sur le label les disques Bien. Elle entre en résidence au Lieu Unique- Scène Nationale de Nantes et prépare, avec Vincent Segal, Etienne Jaumet, Vincent Mougel, Flop et Cristian Sotomayor le spectacle “D’une maison l’autre”, présenté le 15 avril au Lieu Unique, puis à l’été au festival MIMI de Marseille. La presse salue unanimement ce retour, et s’émeut du cheminement personnel d’Emmanuelle, alors que déjà se creusent les fondations d’une troisième maison.

2014
Emmanuelle a 65 ans.
En résidence au Centre Barbara Fleury-Goutte d’Or, elle termine la réalisation de son troisième album, Maison Vide, co-écrit avec Flop, sur lequel viennent jouer son fils, le guitariste Matthieu Fromont ( Bo Weavil) et le percussionniste Jacques Tellitocci (Orwell, Holden, Pascal Parisot, Bertand Belin). Et de vieux amis tels Laurent Vercambre (Malicorne, La Confrérie des Fous) au nyckelharpa. Elle aura joué aussi avec Jandek à Villette Sonique en 2013.
Puis elle travaille avec Pierre Bastien à la composition d’un spectacle sonore et visuel, Motus. Pierre anime ses structures mécaniques supportant des objets usuels tels que cendrier, brosses à dents, peigne, ciseaux, joue de la trompette. Emmanuelle, de l’autre coté de la table, manie harpe, vielle à roue, dulcimer et bols chantants. Entre eux deux, sur un écran des mains célébrissimes de pianistes ou d’organistes viennent plaquer une mélodie.
Ensemble, ils créent MOTUS, spectacle qui part sur les routes en 2015, et sera présenté aussi bien à Sonic Protest qu’au Printemps de Bourges.

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